Nord Littoral, le journal de la police politique

Publié le par zetkin

Comme personne ne le sait à calais, hormis les victimes du journal local, Nord Littoral a constamment servi les grandes causes du capitalisme et bien entendu a constamment combattu la mairie communiste.

A l'instar de Sarkozy, Nord littoral s'attaque depuis un certain temps aux militants isolément.

Un dimanche de janvier 2005, il publie une photo de moi et donne à la police les informations nécessaires. le mercredi suivant, je recevais par la Poste, la première mise en examen de ma vie. quelques mois plus tard, des policiers de Paris m'ont montré l'article de Nord Littoral comme s'il s'agissait de preuves à charge... (je me demande encore ce que cela prouvait d'autres que je sois une simple militante photographiée par des délateurs)

Et durant toute une période, Philippe Hénon, le rédacteur en chef du journal, qui serait l'animateur du candidat UMP Demassieux, nous a produit des articles stylisés pour éviter un procès en diffamations. De la colère au rire, dans ces cas-là, on ne sait  plus quoi choisir.  J'étais placée par ce triste et sinistre délateur en chef dans la position d'une personne qui serait extrêmement connue par tout calais mais sans que le monsieur Hénon ne dise en quoi j'étais à ce point connue. Il lui était impossible de raconter pourquoi je me promenais avec un appareil photo, à moins de vouloir me laisser parler. D'après mon conjoint, la pub gratuite dont je bénéficiais était due aux attaques contre mon parti et mon maire Jackye Hénin.

Au cours des procès au TGI de Boulogne sur Mer, j'eus ainsi le droit aux leçons de morale sur l'attitude qu'on doit avoir avec les forces de police qui font ce qu'elles peuvent pour être gentilles avec les malheureux réfugiés qui ont été trompés par les méchants passeurs-qui-profitent-de-la-misère-du-monde.

Autant de conneries en une demi-page, à chaque procès renouvellé, je servais à la propagande gnan-gnan des abrutis et de leurs collaborateurs.

On m'avait informé que le Philippe Hénon se baladait dans sa grosse voiture de parvenu, une 4X4 mais je n'ai jamais réussi à le coincer du temps où j'aurai pu le coincer. et maintenant, Hénon a fait des petits qui s'infiltrent dans les assos caritatives, beaucoup plus malins et redoutables comme le presque chauve souriant ou son collègue barbu qui traîne dans les couloirs du procureur, l'autre collaborateur de Sarkozy.

On pourrait penser que les journalistes ont le droit d'écrire ce qu'ils veulent, que c'est ça la liberté de la presse.

Ben non! si on est de droite et/ou d'extrême droite, on se doit de dire aux lecteurs quelle étiquette a le journal pour lequel on travaille. Nord littoral se déclare apolitique.

Au mois d'octobre 2007, des CRS m'ont pour une fois tordu les bras pour m'empêcher de filmer une course poursuite nulle. Le commissariat a ensuite envoyé ses agents pour récupérer un faux témoignage d'une patronne de bistrot.

Je passe au tribunal pour "outrage et rébellion". La patronne n'est pas là mais mon témoin oui. Je suis relaxée. Si je me souviens, le procès s'est déroulé un mercredi. Nous n'avons pas nommé le témoin des CRS.

Le dimanche suivant, la patronne et son café furent mis à l'honneur par Nord Littoral!!!!!! Sans aucune raison, ni évènement se rapportant à des cafés. Grande photo en Une et double page. Les lecteurs habituels du Nord Littoral ont du se demander où était l'info et pourquoi tout ce tapage. Il n'y a que moi, les policiers et le journaliste qui devaient le comprendre. C'est très amusant, ces clins d'oeil...

Comment dénoncer?

A l'évidence, les journalistes sont comme les policiers, personne ne nous croit tant que l'on n'en a pas été soi-même leur victime.

Avec no border, Nord Littoral a enfin pu montrer ses véritables dessous pas très beaux.

Qui est Alexis Thomassin? Un courageux journaliste qui s'est fait un peu bousculer par des CRS et qui mort de trouille, n'a jamais pondu le moindre récit de la petite violence exercée contre lui. Cela nous avait valu alors de grandes pages sur la police, histoire de bien démontrer aux policiers que s'ils le voulaient ils pourraient commencer à raconter ce qu'ils font aux réfugiés.

Vincent Depecker, en direct du procureur...

Le grand barbu ne doit pas nous leurrer. Celui-là, je l'ai rencontré dans les couloirs du procureur de Boulogne-Sur-Mer. Il s'y dirigeait de toute évidence. Jamais je ne l'ai vu assis dans le box réservé aux journalistes et pourtant j'en ai fait des procès. que faisait-il chez le procureur ce jour-là? Quel rôle a-t-il?

Le jour de ma "crise cardiaque sévère", le vincent depecker me contactait. Je lui ai répondu pour éviter qu'il ne déforme la vérité. Je n'étais pas bien physiquement mais il s'en foutait. Il avait la voix méchante comme si je leur avais fait rater quelque chose d'important. Mon lynchage certainement. Vincent depecker termine la discussion en me demandant s'il pouvait me citer. j'ai dit oui.  Sa vengeance se traduisit par "elle n'a pas eu le courage de devenir une martyr", phrase qu'aurait prononcé l'avocat de Gavory. S'il savait qu'un sous-préfet pour moi est cent fois moins dangereux que 4 CRS qui vous tombent dessus. Et ce même sous-préfet le sait également. De quoi aurai-je eu peur à cette date plutôt qu'à une autre? Heureusement, le président du TGI qui ne m'aime guère s'est rappelé mon attitude.

En fait, c'est vrai, je ne suis pas une sainte, ni zetkin.

et surtout je n'ai l'importance que d'une simple militante communiste.







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zetkin 03/12/2009 07:30


et oui, tout ceci est bien absurde. mais ce n'est pas une raison de nous laisser faire. travailler dans un pub, c'est toujours mieux que crever sous des bombes ou sous la torture.

mais il n'y a pas d'autres sacrifices que ceux imposés par les "forces ennemies". j'ignorais que l'on n'avait pas le droit de défendre ses propres droits, que photographier des policiers mène
forcément en garde à vue.

j'ignorais aussi que ce que je prenais, comme tout le monde, pour des bavures était en fait l'application de consignes. La police a le respect non pas des lois mais des ordres. on assiste tout
bonnement à la propagation vers le bas de la pourriture fasciste.


micheline 25/11/2009 12:59


bonjour. quelle courageuse épopée. heureusement qu'il y a des gens comme vous qui ont beaucoup de temps à consacrer à ceux qui viennent du bout du monde dans l'espoir d'aller en angleterre trouver
un travail dans un pub.
en plus votre récit est haletant, on se croirait dans un roman d'émile zola qui raconte comment les pauvres gens qui sacrifient vaillamment leur propre existence par solidarité sont tout le temps
discriminés par ceux qui ont le pouvoir et en abusent comme par exemple les policiers, les clercs de notaire, les géomètres, les philologues ou les journalistes.