Conseil de la CRS 32: "Attaquez la PAF!"

Publié le par zetkin

Entre les célèbres contrôles à tout va que niait Mister Gavory et le respect de la loi par des Forces censées la faire respecter, à coups de tonfa si nécessaire, on a la CRS 32, une mouvance entre deux eaux.

Sourds et muets, ou dotés d'un expert en procédures de base qui vous débite rapidement les grandes lignes qu'ils apprennent pour ne pas faire rater une procédure d'interpellation, les CRS 32 sont souriants et chantonnent parfois. Parfois aussi, ils nous versent une mine défaite par leurs propres actes.

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Pas responsables, TOUS coupables

5-copie-2Intervention du samedi 2 janvier, 21h52, avenue Wilson

Observation de l'augmentation du nombre de véhicules dans la rue Mollien.

Passage d'abord par le BCMO. Rien.

Passage ensuite par la rue amenant vers l'hôtel Bonzaï.

Un car de CRS stationne près du pont. Un petit réfugié érythréen est entouré d'une partie des CRS. Pas de discussion au départ. Je téléphone aussitôt au local pour leur indiquer le début de la chasse policière.

Dès que le réfugié me voit avec la caméra, il commence à me parler de son arrestation de la veille, exactement au même moment. "J'ai passé environ une heure à la Police de frontières. J'ai donné mes empreintes digitales et mon nom X X. Puis ils m'ont dit "free". Je suis retourné à pied."

J'avais commencé à remettre en cause le contrôle. Le réfugié continuait à vouloir les persuader et à témoigner, tandis que les CRS resserraient leur prise. L'un des policiers m'a informé que le contrôle avait été effectué sous la réquisition du procureur. Je lui ai rétorqué : "Le procureur écrit des réquisitions de contrôles au faciès?!"

Le policier m'a répondu mais je ne l'écoutais pas. Je lui ai affirmé que le contrôle était illégal car ils ne m'avaient pas contrôlée. Je leur demandais pour prouver le contraire de contrôler deux jeunes visiblement européens qui venaient vers nous.

Les CRS n'auraient pas le temps, fut la réponse à cette demande. J'insistais:
"Je sais que vous êtes les petits qui obéissez à la PAF.Mais vous obéissez aux ordres et vous allez ramener les réfugiés à la PAF où d'autres obéiront aux ordres. Et ainsi de suite, c'est comme cela que ça s'est produit..."2-copie-3

"Vous dites que nous sommes les petits. Alors pourquoi ne vous attaquez-vous pas à ceux du dessus?"

Un autre car de CRS arrive et se gare devant. Deux  policiers descendent. Mais personne ne me parle en particulier tandis que je téléphone une deuxième fois au local.

Le jeune réfugié appuie sa défense sur sa minorité et sur le harcèlement qu'il subit par des arrestations quotidiennes et le retour imposé de la PAF de Coquelles à Calais, une heure et demie de marche.

Le deuxième car nous quitte et s'installe dans le rond point face au garage. Je commence à le filmer et me mets ouvertement à critiquer les contrôles au faciès.
Le fourgon de ramassage est là. Le mineur y monte de mauvais gré et au lieu de s'asseoir commence à hurler: "every day, every day... " d'une voix de plus en plus aigüe. Trois policiers l'encadrent, le fourgon part, la portière presque totalement ouverte.
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Je demande furieuse à ceux qui montent dans leur van: "Voilà!  vous êtes contents?"

Tentative de piège. Pour qui?

Deuxième contrôle qui s'est déroulé un peu plus loin, par les autres CRS. Je traverse en déclamant l'interdiction par Besson des contrôles au faciès.
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Les deux réfugiés érythréens viennent d'être libérés. Je ne peux m'empêcher de parler à nouveau de Besson et j'allais m'en  retourner vers la gare.

Une voix me parvient: "S'il vous plaît?"

Je tourne la tête imaginant sans effort qu'un CRS marche derrière moi ou va me faire un signe de rapatriement.

7Mais rien, uniquement le bout du capot dans l'arrondi du tournant.

Je continue mon chemin, entendant une deuxième puis une troisième fois ce "S'il vous plaît?", me forçant à regarder derrière moi. La troisième fois, je joue la sourde. Je marche lentement, non pour espérer me faire rattraper facilement mais pour ne pas avoir l'air de fuir et de me faire tout de même rattraper.

Un clochard anglais m'intercepte au passage en me demandant une cigarette. J'ai failli lui refuser pour cause de départ des CRS. Puis les voyant s'engager dans une autre voie que la mienne, je produis la cigarette et on entame une discussion à peu près normale vue l'heure et le contexte.

L. me rejoint en vélo puis part comme il n'y a plus rien à faire. On continue à parler et le clochard m'indique soudain la présence du car de CRS que je lui avais montré.

Celui-ci stagnait depuis peu, dans la petite route d'accès à l'hôtel anciennement Bonsaï.

Je me plante en face, sur le trottoir,  mais je n'avais pas trop envie d'approcher les messieurs qui m'avaient appelé tout à l'heure. Je me contente de filmer de près pour voir s'ils avaient arrêté des réfugiés.

En effet un petit groupe se tenait en civil parmi les costumes sombres.

J'ai hésité à traverser. Les personnes semblaient continuer leur chemin.

C'était les NB. Nous nous sommes rejoints sur "mon" trottoir.

Ils m'ont raconté alors (leur voiture étant garée près de l'hôtel) qu'en passant près des CRS, ils avaient vu un réfugié. Ils s'étaient approchés pour lui demander si ça allait.
L'un des CRS leur avait dit alors: "Arrêtez! C'est un policier!"
Et voilà que le réfugié monte dans le car après avoir salué les NB d'un "Hello! Guyes!"

Le car tandis que nous écoutions relater cet incident, se mit à partir.

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Lundi 4 janvier 2010: je ne sais pas ce qu'il est advenu du jeune réfugié. Je lui avais demandé de noter l'heure à laquelle il ressortirait de la PAF. Ce soir, vers 22h30, il n'y avait que très peu de véhicules. Les CRS avaient travaillé en fin d'après-midi au moins dans la zone des dunes. J'ai aperçu de chez moi un car de CRS s'y dirigeant. Pas de policiers sauf les traditionnels qui commencent à jouer sur notre terrain. Pas de réfugiés, ni soudanais, ni érythréens. Une seule personne, propre, qui m'a dit se rendre à l'hôtel (!) quand je me renseignais sur les interventions de la journée.

Puis sur le boulevard Jacquart, des policiers en voiture du style commissariat, suivi de près d'un autre véhicule blanc qui poussait la chansonnette de manière audible.

De retour chez moi, j'avais aperçu les deux ronds statiques tout au bout de la rue Mollien. Je les avais filmés puis j'ai attendu que le véhicule se rapproche pour le prendre une deuxième fois en vidéo. C'était le même véhicule qui traçait derrière les policiers, laissant sur son passage une traînée de musique. Le véhicule était immatriculé en 59. Hasard? Ma rue n'est pas du tout dans l'axe du boulevard.

Le texte ci-dessous, pour se rappeler où peut mener la bêtise humaine alliée à la misère:

Maxime Steinberg, dans " Les yeux du témoin et le regard du borgne"


"Le journal (du médecin SS) note le fait, le 5 septembre, après « le comble de l’horreur » : « à cause de la ration supplémentaire distribuée à de telles occasions — consistant en 1.5 litre d’alcool, 5 cigarettes, 100 gr. de saucisse et pain — les hommes se bousculent pour participer à de telles actions », écrit Kremer. Cette frénésie des S.S. ne lui inspire aucune réflexion "

"Le propos est du Commissaire de la Ruthénie blanche, Wilhelm Kube. Il est rapporté dans une lettre du lieutenant-colonel S.S. Strauch. L’extrait utilisé ici — le document sera encore exploité plus loin — porte : « on nous reprochait continuellement, à mes hommes et à moi, d’être des sauvages et des sadiques, alors que je ne faisais que mon devoir. Même le simple fait que des médecins-dentistes aient enlevé des plombages en or aux Juifs destinés au traitement spécial — conformément aux ordres — a été le prétexte à reproche. Kube rétorqua que notre façon de procéder était indigne de l’Allemagne de Kant et de Goethe. Si l’Allemagne était perdue de réputation dans le monde entier, c’était notre faute. Par ailleurs, c’était un fait que mes hommes jouissaient lubriquement de ces exécutions ». (Lettre du commandant de la SIPO-SD en Ruthénie blanche à l’état-major personnel du R.F.S.S., signé lieutenant-colonel Strauch, Minsk, le 20 juillet 1943, citée d’après W. HOFER, Le national-socialisme par les textes, Plon, 1963, p. 268-298). "

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