Deuxième round

Publié le par zetkin

Le 24 octobre 2009, j'étais condamnée à donner une pièce de 1 euro au sous-préfet, et plein d'argent à l'Etat.

Mis à part eux, tout le monde ignore Ô combien ils ont appuyé pour rectifier mes droits à la défense. De mon parcours épique à Boulogne-sur-Mer où j'ai bien cru ne jamais réussir à atteindre les rives de la Justice, je garderai le souvenir des propos du président de la Cour, énervé que je lui tienne tête: "bon daccord, c'est la dernière journée!"

La dernière journée pour apporter les fameuses preuves.

Avouons à présent que j'ai bien lu et relu les textes, le Président avait raison de s'énerver.

Mes déambulations dans les rues de Boulogne furent cocasses. Surtout au passage devant le tribunal de boulogne-sur-Mer que je ne devais pas traverser. Pas voir le fourgon de police. C'est comme ça. Ils font des secrets qui m'auront mis la puce à l'oreille mais je n'avais aucune chance de comprendre l'utilité pour eux que je ne vois rien d'autre qu'un fourgon si par grand malheur je passais devant les marches du TGI.
J'attendrais donc les séances de torture de mon accompagnatrice quand on aura institué les goulags. (après la guerre)

Evolution politique du sous-préfet de Calais, Gavory: d'irresponsable innocent au j'm en foutiste moderne


Le prédecesseur


L'ancien sous-préfet de Calais, M.Espagnol, en avait vraiment marre de moi. Il fut le premier à me faire mettre en garde à vue. Retranché dans son bunker de la sous-préfecture, il avait des difficultés à recevoir les revendicatifs de tout poil: il disparaissait tout bonnement. Un élu socialiste avait fini par demander s'il fallait venir en bateau pour contourner les grilles d'entrée et le voir (sous entendu de force).

Lui, correspondait réellement à un employé de cet état. Réellement et politiquement. Ah que de souvenirs! En voilà un qui allait se battre avec l'abbé. Cela s'est résumé à une petite bousculade, mais quand même... Un abbé contre un sous-préfet!!!
Le jour de la démolition intérieure du squat SOCARENAM, il n'a pas hésité à venir. Il savait qu'on n'allait pas l'agresser physiquement. Réfugiés et bénévoles, nous avons pu lui parler directement, sur la terre grasse et sale.

Bon, d'accord, cela ne l'a pas empêché de me faire arrêter de manière détournée. Au moins, j'avais su qu'il en avait plus qu'assez d'être contraint de lire mes "articles" sur indymedia.

Le nouveau


Apparu en 2007, M.Gavory venait d'avoir étudié la circulation en région parisienne. Il n'était pas connu pour des atteintes aux réfugiés et étrangers.
J'avais envoyé par mail, une critique très vive des procédures de ses employés de sous-préfecture.
Je recevais une réponse par courrier du monsieur.

C'était à peine croyable! En fait sa réponse fut une défense de la dame qui devait chaque semaine se rendre à pied à Arras, chargée des nombreux dossiers en attente de traitement. Calais-Arras, 100 km.

Il me répondit avec le même esprit à nouveau pour le même problème concernant des demandeurs d'asile et ceux accédant au statut. Il faut dire quà l'époque, j'entrais à la sous-préfecture... Et le petit vieux de l'accueil n'avait toujours pas compris qu'un étranger a un tube digestif comme le nôtre.

Malgré cette défense des employés, j'avais pensé que le sous-préfet de Calais était de meilleure constitution que celui qu'il remplaçait.

Mise en scène médiatique d'un employé de l'Etat


Les premiers soupçons débutèrent à l'élection de la madame "tous ensemble" y compris les fachos, contre les communistes. M.Gavory s'est permis toute une page dans le journal municipal pour prodiguer ses bons conseils. Qui a gagné pourtant, la maire ou le sous-préfet?

Des copains du parti m'ont dit que ce sous-préfet avait aidé à l'élection de la maire Bouchart.

Et nous pouvions lire régulièrement les points de vue d'un représentant d'Etat, censé pourtant ne pas donner son avis à moins de vouloir dégager de sa fonction.

Le point culminant de cet engagement politique fut bien entendu l'attaque des squats de Calais et l'organisation d'une expulsion collective interdite. A la lecture de ses propos couplés à ceux de la représentante des abrutis racistes, je m'étais persuadée que soit il était complètement stupide, soit il voulait nuire réellement à la vie des réfugiés.

Monsieur Gavory ne sort pas sans ses dogs


Un grand changement s'est opéré depuis sa venue. Monsieur joue son petit dictateur avec l'approbation d'une police multiforme.

Après la diffusion du petit texte sur l'arrestation de Jean-Claude Lenoir, et avant tout dépôt de plainte, je fus interdite de participation à une cérémonie publique, interdite de CRA durant le temps de l'expulsion et interdite d'approche lors d'autres cérémonies. La dernière, la libération de Calais, fut libre par contre et nous en avons profité.

J'imagine la griserie qui a du saisir l'homme menant ses hordes de policiers aux dunes de Calais, la chasse aux étrangers, ce doit être le summum. Pourquoi gâcher ce si doux moment par l'arrivée de journalistes et de bénévoles toujours mécontents?



Modernisation du sous-préfet


Au premier procès où j'eus une défaillance cardiaque "normale", l'avocat m'a dit que ce qui inquiétait M. Gavory, c'étaient les photos de lui avec sa casquette de sous-préfet! L'avocat m'a aussi rapporté ses sentiments: M. Gavory serait affable, bonhomme, un bon vivant...

Soudain, il était devenu un homme banal injustement accusé et qui s'effrayait de l'image véhiculée. La plainte du ministère avait été déposée le 13 novembre 2008. Lui a attendu le lendemain de Noël et la veille de mon anniversaire pour confier ses remarques outragées.

(Rectification: c'est le procureur qui a agi le 26 décembre 2008. Il dilligentait les policiers pour récupérer les confessions de Gavory. Le sous-préfet obligé de se sentir atteint dans son honneur, non?!)


Le jeudi 21 janvier 2010, nous nous trouvions devant la sous-préfecture pour la défense de la Fonction publique.

M. Gavory a éprouvé quelques difficultés à nous recevoir. Mais il a eu raison de plier.

Les représentants syndicaux ont donné leur avis, sous le sourire narquois du sous-préfet.

Et il aurait entonné un couplet sur l'évolution nécessaire, la modernisation...

C'est clair, Gavory est un simple militant de droite payé pour faire appliquer une politique "de merde" comme l'aurait fustigé le copain avant de faire valser les petits fours.

Qu'il se taise au moins.

Ou qu'il vienne en personne discuter avec zetkin devant un tribunal.

On a le courage de ses opinions jusqu'au bout. Surtout quand on en applique la procédure.

Ps: un jour de lancement de pièces de 1 euro est programmé




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