Génocide au soudan : procès de 10 réfugiés survivants

Publié le par zetkin

 

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Pour la première fois, le gouvernement de Sarkozy, sa police et sa justice, ont organisé le renvoi massif de personnes vers un pays accusé de génocide.

 

Ils ont monté un système comparable à la mise en oeuvre des convois sous Pétain.

 

D’abord rafle, puis mise en rétention avec la délivrance d’un APRF par le préfet Bousquet, préfet du Pas-de-Calais et enfin, organisation du transport.

 

La plupart des soudanais n’ont pu communiquer, utilisant des dialectes peu usités. Ceux qui ont compris l’arabe, ont été reconnus par le secrétaire du consul du Soudan qui leur a délivré un laissez-passer.

 

La Cour Européenne a suspendu l’expulsion de ces trois soudanais.

Acharnement de l’Etat contre les droits humains

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Les autres soudanais contre toute attente, ont été présentés au tribunal du CRA, quatre jours avant leur libération. Mis en garde à vue pour obstruction à l’enquête et séjour irrégulier, ils sont tous retournés au tribunal de Boulogne-sur-Mer, ce mercredi 5 mai.

 

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Tous menottés, l’un d’eux dans le dos, ils sont restés de 10h du matin à plus de 20h le soir, assis en groupe. Le procès n’avait lieu que l’après-midi

L’usage dans le tribunal de Boulogne veut que les personnes sous escorte, passent en premier. Un traitement inhumain pour les faire craquer nerveusement ?

Déni de droit à la défense

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7 personnes sur les 10 présents ne comprenaient ni l’anglais, ni l’arabe. Les avocats ont rappelé que seulement 51% des soudanais parlent arabe.

 

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Qu’à cela ne tienne, malgré les remarques incompréhensibles d’un jeune soudanais qui montra plusieurs fois sa blessure sur le corps et expliquait par geste en quoi il était dangereux de l’expulser au Soudan, le procureur se contenta de discuter des formes : selon lui, les réseaux de passeurs avertissaient les gens de ne pas parler.

 

Ah bon?! Les passeurs étaient déjà au courant que l’Etat français organisait le "déplacement" de masse vers un génocide ?!!!!

 

9 avocats sont venus prêtés mains fortes à Me Calonne, pour dire et redire que c’était honteux de vouloir renvoyer au Soudan des réfugiés, que les réfugiés n’avaient pas pu communiquer avec eux et qu’il était anormal de les forcer à une comparution immédiate dès lors qu’ils ne peuvent pas en comprendre les enjeux et faire des choix.

 

(La première mise en garde à vue était donc illégale car non traduite dans leur langue.)

 

Les 7 soudanais ont été placés en détention provisoire à Longuenesse et repasseront en jugement le 26 mai.

 

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Les trois soudanais du Darfour qui avaient décliné leur identité, ont été condamnés à 3 mois de prison avec sursis et 3 ans d’interdiction du territoire. Ils ont dix jours pour sortir de la France.

 

Cette affaire a soulevé le coeur de plus d’un, et pas seulement les militants no border qui ont essayé de géner le transfert des réfugiés.

En marge : la PAF de Coquelles veut sa prime à l’expulsion de masse

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Les No border étaient présents, quelques bénévoles anonymes aussi, ainsi qu’un ancien salarié de la CIMADE. France terre d’Asile a fait une apparition en fin d’après-midi.

 

Par contre côté police, c’était le plein. La PAF de Coquelles envahissait la salle d’audience et bouchonnait la porte d’entrée.

 

D’autres sortes de policiers étaient ancrés dans les bureaux du tribunal. Les policiers de la PAF ont tenté de nous interdire l’accès. Et nous avons alors bloqué l’entrée à tous.

 

Ils ont fini par plier, non sans avoir démontré encore une fois, que la PAF de Coquelles regorge d’employés obéissants à des ordres contraires aux droits humains:

Plusieurs riaient de la perspective de renvoyer des réfugiés là où est organisé un génocide.

 

 

Une image pitoyable ressemblant à celle de la police de Vichy.

C’est qu’ils y tiennent à leur prime de fin d’année :

(Rappel) PRIME DE RESULTATS EXCEPTIONNELS Année 2008 (suite)

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MONTANT 2008 (cf. arrêté ministériel du 25 juin 2008)

· 600 euros par bénéficiaire pour les PRE à titre collectif ;

· de 500 à 1000 euros par bénéficiaire pour les PRE à titre individuel.

 

Les indicateurs par grand type de mission sont :

 

*la lutte contre l’immigration irrégulière, pour toutes les unités de la police aux frontières diligentant des procédures d’étrangers en situation irrégulière interpellés à leur initiative : nombre d’étrangers en situation irrégulière (ESI) interpellés d’initiative/nombre de personnels actifs de l’unité concernée ;

 

* la lutte contre l’immigration irrégulière organisée, pour les unités d’investigation (brigades mobiles de recherche, unités judiciaires) ou toute autre unité ayant une activité dans ce domaine : nombre d’aidants à l’immigration irrégulière effectivement interpellés/nombre de personnels actifs du service ;

 

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*la rétention administrative, concerne tous les centres de rétention administrative gérés par la PAF : nombre d’étrangers éloignés/moyenne de places de rétention disponibles sur la période de référence  ;

 

pour les compagnies républicaines de sécurité de service général et les compagnies autoroutières :

 

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* pour les compagnies de service général : nombre total de mises à disposition des OPJ territorialement compétents, suite à interpellation, sur nombre de jours rapportés aux fonctionnaires en sécurisation ;

 

PRIME DE FONCTION ET DE RÉSULTATS 2009 À TITRE COLLECTIF

Services bénéficiaires de la PRE collective pour l’année 2009

montant individuel = 600 euros

mise en paiement prévisionnel = décembre 2009

 

Se faire de l’argent sur la mort programmée d’humains, une attitude qui peut mener loin « L’histoire à vif ». Les Éditions du Cerf, Paris 1990. ISBN 2-204-04107-6. © Les Éditions du Cerf 1990, Maxime Steinberg 2009.

Extraits: […]Le journal note le fait, le 5 septembre, après « le comble de l’horreur » : « à cause de la ration supplémentaire distribuée à de telles occasions — consistant en 1.5 litre d’alcool, 5 cigarettes, 100 gr. de saucisse et pain — les hommes se bousculent pour participer à de telles actions », écrit Kremer. Cette frénésie des S.S. ne lui inspire (à Kremer) aucune réflexion.

Le propos est du Commissaire de la Ruthénie blanche, Wilhelm Kube. Il est rapporté dans une lettre du lieutenant-colonel S.S. Strauch. L’extrait utilisé ici — le document sera encore exploité plus loin — porte : « on nous reprochait continuellement, à mes hommes et à moi, d’être des sauvages et des sadiques, alors que je ne faisais que mon devoir. Même le simple fait que des médecins-dentistes aient enlevé des plombages en or aux Juifs destinés au traitement spécial — conformément aux ordres — a été le prétexte à reproche. Kube rétorqua que notre façon de procéder était indigne de l’Allemagne de Kant et de Goethe. Si l’Allemagne était perdue de réputation dans le monde entier, c’était notre faute. Par ailleurs, c’était un fait que mes hommes jouissaient lubriquement de ces exécutions ». (Lettre du commandant de la SIPO-SD en Ruthénie blanche à l’état-major personnel du R.F.S.S., signé lieutenant-colonel Strauch, Minsk, le 20 juillet 1943, citée d’après W. HOFER, Le national-socialisme par les textes, Plon, 1963, p. 268-298).


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