méa culpa de zetkin

Publié le par zetkin

L'âge, l'éducation politique, les tromperies continuelles, sans doute

J'avais vu poindre des désorganisateurs dans le mouvement. A présent, je reconnais qu'ils sont loin de vouloir désorganiser quoi que ce soit mais plutôt se servir de toutes les organisations pour faire évoluer la situation, sans avoir une miette de réflexion politique aboutie, du style, je veux tel système économique pour la société.

Ils n'ont pas besoin de motifs pour agir.

Le hangar


Ils ont été présents aux moments cruciaux. Ils n'ont pas lâché malgré le manque de temps et ce que j'appellerai un détournement médiatique.

Le matin du samedi, en allant à la réunion prévue à 9h, je pressentais que cela se terminerait tragiquement. J'avais mal au ventre comme avant une intervention de CRS au squat, lorsque je la sentais imminente, alors que j'étais seule avec mon petit appareil photo.

La PAF était visible devant notre hangar. Le conducteur de la voiture avait accueilli mes questions sur le droit par une menace de mort et son voisin m'avait débité toutes les "idées" du front national pour calmer le jeu, tandis que le troisième camouflé à l'arrière, se retenait à peine d'intervenir dans la discussion.

Cela commençait bien.

Rosa et quelques copains sortirent du hangar. Rosa m'invita à y rentrer dire bonjour aux anglais.

S. était là. j'étais contente de la revoir. On a peu parlé. j'ai aidé un peu L. que je ne connaissais pas du tout. DB et PM absents, je me sentais mieux. Je craignais être obligée de leur demander des comptes et ça ne se fait pas juste au moment où on doit tous se tenir ensemble.

Soirée bien débutée


Je ne sais pas si j'aime l'affrontement avec les policiers. En réalité, je déteste recevoir des coups de matraque sans pouvoir en rendre.
On n'a pas l'égalité des armes. Pourtant les actes policiers sont des actes d'extrême droite. On devrait nous donner la possibilité de les affronter sur le même plan si nous étions dans une démocratie.

Le plaisir que je tire d'un affrontement n'est pas celui de la castagne mais bien celui d'avoir forcé à reculer des gens qui abusent du droit, qu'ils soient policiers ou fachos.
Un autre plaisir qui me fait rêver, c'est celui tiré des histoires de lutte entre des pauvres sans arme et l'armée des seigneurs.

Tous ensemble contre les obéissants d'un système pourri.

Et réellement ce fut une joie de voir les réfugiés et les no border pousser de part et d'autre le maigre cordon policier pour avoir le droit d'entrer dans notre fête.

Parlottes avec le sous-préfet


Le sous-préfet à peine visible dans cette masse, discutaillait avec nos envoyés. Est-ce que cela a servi à quelque chose? peut-être à nous assurer que le hangar ne serait pas attaqué pendant la fête.

J'avais envie d'aller souder ses portes. Mais je me demande s'il ne faut pas orienter la soudure vers d'autres lieux. quoiqu'il faille apprendre à souder.

Ruse?


A peine le sous-préfet évaporé dans l'obscurité glaciale et humide, un monsieur à la tête de tueur qu'il me semble avoir déjà repérée dans d'autres lieux, arrive en voiture immatriculée 75. Le dispositif policier saute. Il ne reste plus que trois voitures PAF aux alentours du hangar.

Crevant de froid, la carte mémoire pleine, je décide de partir chez moi, escomptant revenir surveiller les lieux.

Au repas, quelqu'un m'appelle pour m'annoncer que tout est bloqué.

Auraient-ils attendu que plusieurs personnes sortent pour fermer les frontières? Je n'en sais rien. Les CRS ne parlent pas. Ils sont assez hilares sauf ceux de la rue derrière, l'un d'eux étant armé d'un flasball qu'il a pointé sur un enfant. Mais bon, il y avait deux témoins. Le coup n'est pas parti. Ouf! voilà qu'il faut sauver les gens jusque dans notre pays!

Je n'ai pas réussi à pénétrer dans le barrage depuis samedi soir, en fait.

Le lendemain, vers midi, j'avais joué les femmes se baladant innocemment. Je savais que les policiers avaient été remplacés. Une ouverture enre deux CRS. Je ne pensais pas que d'autres ouailles se cachaient près du car. DB a failli réussir à m'extraire des policiers mais je n'ai pas couru assez vite.

Donc, j'ai tout vécu de l'extérieur.

ça ne m'a pas valu que des gentillesses de la part des brutes à peine retenues. "Allez régalez-vous les fachos! grande victoire d'un abruti sur une femme seule pesant 45kg!" dira le témoin.


(mais en fait, moi aussi ça me fait bien rire quand je l'entends dire "vous allez arrêter de nous faire chier!" pendant qu'il faisait plus que me pousser.)

Et cette histoire de porte métallique, on aurait du faire attention à ce "détail".

Un hangar loué, ça se tient.

On n'a pas eu le temps, en fait. Maintenant oui. Les acteurs sont encore tous présents.



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