No Border Calais englué dans la chaîne humanitaire

Publié le par zetkin

Du camp No Border, de juin 2009, les grandes banderoles avec les beaux slogans, en passant par les manifestations et mobilisations contre la destruction de la jungle, des squats et de l’expulsion collective, contre la mairie de Calais et ses soutiens, à l’époque actuelle où les No Border servent de bénévoles aux associations caritatives, j’ai le net sentiment qu’une manipulation du mouvement est réalisée, abandonnant le terrain de la contestation des frontières pour nous imbriquer dans des considérations humanitaires du problème de la fermeture des frontières.

Ainsi, ai-je appris par hasard en consultant l’agenda d’indymedia que No Border Calais serait présent dans une journée estampillée "politis 62" où sont invitées aussi des associations telles que Salam.

Qui est ce No Border Calais ?

Habituée aux réunions extrêmement démocratiques du mouvement, j’aurai bien aimé savoir quand a eu lieu une réunion au sujet de cette journée et de notre possible participation. J’aurai bien aimé savoir en quelle qualité nous participons à cette si intéressante journée ? Pour raconter nos travers avec la police ? Pour raconter comme les policiers sont méchants ? Comment on n’a pas voulu défendre le hangar ?

Ou pour parler des frontières, de la nécessité de les abolir et d’abolir en parallèle le système capitaliste ? ce qui nous amènerait à nous positionner clairement contre l’Etat.

Que l’on soutienne les initiatives des humanitaires quand elles relèvent d’une lutte contre le gouvernement et la mairie, d’accord. Rappelons que nous ne sommes pas une association humanitaire mais un mouvement politique, ce que semblent oublier des recrues issues du monde associatif, trop réfractaires à l’idée d’introduire dans la propagande la nécessité de combattre le système capitaliste.

Or, que remarquons-nous ? la sur-médiatisation de la répression du hangar a sorti quelques personnes et leur a donné une importance qui n’est pas lié au discours politique tenu mais à une image de ce que peut être visuellement des no borders.

 

Nous retombons dans le même travers qu’avec JC Lenoir : il n’y a pas de discours politique tenable contre la propagande de l’Etat. A quoi sert d’avoir le micro si on n’a rien à dire de politiquement construit ? A quoi sert d’être médiatisé ? A quoi sert d’user notre temps auprès de personnes qui passent leur temps à discuter avec l’Etat et la mairie et qui attendent que tout soit fait pour dénoncer ensuite tout en refusant de se mettre avec nous pour combattre les frontières et la liberté de circulation ?

Pas question d’engager le mouvement No Border dans des réunions qui n’ont fait l’objet d’aucune préparation entre nous.

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