Pollution: l'eau bénite contaminée?

Publié le par zetkin

nouveau-dossier.jpgUne chasse semble être lancée contre les témoins qui s'étaient confiés sans songer que le mur du silence s'imposait à eux.

Mais pas à moi !


Ils ne risquent pas une arrestation surprise par la police dans l'arrière cour d'un squat. Mais l'éjection de leur aide désintéressée aux réfugiés.  C'est pourquoi les noms ont été volontairement arrangés pour les rendre le plus impersonnel possible.  Je comprends que reconnaître un tel incident à présent suciterait beaucoup d'interrogations.

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Mardi 29 décembre 2009, 22h

 

Nous repérons le passage d'un car de CRS girophares en action, 21h40.

Nous décidons d'aller voir au squat des égyptiens. Rien.
De jeunes afghans arrivent en courant du boulevard et nous parlent de la police.

Nous décidons alors d'aller au squat Pagniez.

Trois cars de CRS, côté cour extérieure.

Immédiatement, un policier vient demander les papiers du véhicule que le conducteur n'a pas pensé prendre.

J'avance seule tandis que le copain téléphone au local.

Les CRS ne sont pas entrés dans le squat. Ils restent à l'extérieur. Sous le toit du hangar, plusieurs policiers encadrent quatre réfugiés. Rien ne se passe. Je ne sais pas quoi dire. Le roumain est présent. Puis, les policiers désignent une forme sous des couvertures. "malade" dit le roumain en tapant son coeur.
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Le copain n'arrive toujours pas. J'entame une discussion sur le fait d'arrêter le soir des gens qui ont déjà leurs empreintes à la PAF et qui vont être libérés en pleine nuit et obligés de revenir à pied sous la flotte glaciale. L'un des policiers, un vieux, me dit "mais non! je ne les connais pas. C'est la première fois"
" Bien sûr! lui dis-je. Vous venez d'arriver mais eux sont là depuis des semaines!"

Les policiers parlent de pompiers qui n'arrivent pas encore alors qu'ils les ont appelés.
Puis commencent à demander aux gens de les suivre. L'un d'eux semble s'étonner de devoir partir.

En passant devant moi, ce jeune homme me dit qu'il a ses empreintes en France. Je m'étonne à mon tour et lui demande s'il a des documents.
Il me sort alors de sa poche un porte-feuille et extirpe un bout de papier d'une couleur pâle que je reconnais aussitôt l'ayant vue le même jour en possession d'un demandeur d'asile.

Bien entendu, je râle immédiatement en brandissant le papier. On me dit alors que je ne connais pas les procédures d'asile, que le jeune homme ne leur a pas montré de documents auparavant, enfin, le policier qui me donnait la réplique finit par dire: "vous n'avez pas à savoir, il n'a pas à savoir. Attendez demain et vous saurez le problème et si c'est illégal, vous déposerez plainte."

Je me retourne et m'approche du bord du hangar en criant pour que le copain l'entende mais il était visiblement trop loin.
Là, j'entends un policier me menaçait de garde à vue et on me reprend de force le papier du jeune homme qui finira couper en deux.
Les réfugies sont emmenés.
Je retourne à la voiture du copain et trouve un autre no border.

Ils descendent et viennent protester et filmer. Une voiture blanche de chefs CRS, caractéristique des réquisitions du proc, est là garée. Ils me regardent sans plus et discutent avec le no border.

Tout le monde plie bagage. Le policier communiquant m'affirme que je peux le photographier; ce que je fais immédiatement.

Fin de la première partie.

Deuxième épisode

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Retournant chez moi, un inconnu m'aborde et me demande comment faire pour aider les réfugiés. Tout en marchant et en fumant, nous arrivons devant le BCMO. Quelques réfugiés sont à l'extérieur. Un type un peu bizarre fait les 400 pas sur le trottoir. Puis comme on s'était arrêté, l'homme vient vers nous et nous demande une cigarette.
La discussion s'engage, l'homme se présentant comme travaillant depuis longtemps pour salam. Je ne le connaissais absolument pas. Il ressemblait un peu à J. en plus petit.

1ère version de l'histoire:


Il nous bassine alors d'histoires dont la première fut une bagarre qui se serait déroulée au repas du soir, entre africains et afghans, trois d'entre eux auraient tenté de taper avec un morceau de bois l'une des bénévoles, une petite de 18/19 ans. Diji aurait eu le pied cassé par un jet de barrière. Un homme aurait été tellement saoûl qu'il aurait fait tomber la table avec les plats. Ils avaient appelé les pompiers qui auraient ramassé la femme blessée et l'homme ivre, inconscient. Il est vrai que, comme je cherchais à contrer ses dires, je lui demandais certaines précisions et tentait d'en savoir davantage auprès d'un réfugié soudanais qui attendait de pouvoir cloper avec nous. Ce dernier nous parla uniquement de l'homme saoûl. Selon le bénévole de salam, le soudanais n'avait rien vu.

Le soudanais est parti à la "maison" au lieu de rester au BCMO.

Nous aussi on décide de quitter les lieux et on arrive à la jonction de la rue Descartes et de la rue Mollien. Je tente de rassurer l'inconnu qui voulait aider les réfugiés. L'homme me dit que toutes ces histoires en le découragent pas. On s'allume à nouveau une cigarette.
Une voiture du commissariat de Calais s'arrête au feu rouge près de nous.

Certains policiers commencent à pousser des cris d'animaux. Je vois l'un d'eux éclater de rire.Je n'ai pas le temps de sortir mon appareil photo. La voiture démarre. L'inconnu est très surpris de l'attitude de la police. Je lui dis pour ma part ma surpise qu'ils fassent cela avec un témoin.

La nuit porte conseil

Comme beaucoup de gens, je fais un remake de la journée. L'arrestation de la soirée me semble vraiment trop étrange, viennent s'y ajouter les propos du bénévole de salam. Et je ne peux m'empêcher de relier la bagarre à l'intervention des CRS du soir. Trop sûrs d'eux, les flicos. Et ils ne sont pas entrés dans le squat, ce qu'ils auraient du faire si l'ordre était de ramasser des sans papier. 4, ce n'est pas suffisant pour le dérangement de trois cars de CRS dont l'un au moins avait mis ses girophares, plus une voiture civile qui applique les réquisitions du procureur.

Troisième épisode: recherche des disparus du squat

pour over blogLe mercredi matin, je me rends au squat pour savoir ce qu'est advenu du demandeur d'asile et des autres. On m'annonce qu'il était libre. J'essaie alors de savoir ce qui s'est produit au repas du soir.
Immédiatement, un soudanais me demande si je suis de salam.
Je lui réponds que non, je suis No Border.
 

Deuxième version:

Et voilà qu'il me justifie aussitôt ce qui aurait pu se produire ce mardi soir. Les afghans auraient tenté de dépasser les autres. Et vu le bazar provoqué, une femme "raciste" "mauvaise" leur aurait dit de s'en aller et de revenir plus tard.
"Nous respectons tout le monde. Mais là, nous avons refusé bouger." "Salam est raciste".
Entre temps, les bénévoles du secours catholique viennent chercher 7 personnes pour les douches. Ils écoutent la fin du discours et je leur traduis ce qui m'avait été raconté.
Le soudanais explique que Salam leur a interdit d'aller au repas. L'un des bénévoles dit "mais non" et je comprends très bien que le repas d'une heure est régie par la Belle Etoile et non par Salam. S'il y avait une interdiction, elle ne s'appliquerait pas au déjeuner mais au dîner.

Je vais au local.
J'y trouve NN, C, T, MT, J et aussi deux bénévoles de Salam plus le musicien.

J'annonce à tous qu'il s'est produit quelque chose au repas de du mardi soir et qu'il y a eu certainement un dépôt de plainte qui a conduit la police au squat.

Les filles de salam ne sont pas au courant d'une personne blessée qui serait allée à l'hôpital et qui aurait pu déposer plainte. Je dois dire que les soudanais sont très en colère après Salam.
L'une d'elle raconte alors ce qui s'est produit, tout en expliquant que les africains pensent souvent qu'on les défavorise au profit des autres, par racisme. Mais dit-elle, c'est faux.

Troisième version de l'histoire:


Les portes grillagées du lieu de distribution ouvertes, tout le monde aurait couru pour être les premiers à être servis. Les africains étant en tête, ils ont été poussés par les afghans. Sylvie Copyans serait tombée. Diji aurait eu la jambe coincée dans une barrière et il en aurait boîté. Devant cette bousculade, les humanitaires auraient décidé de ne pas donner à manger tout de suite. Une femme aurait demandé de sortir puis de revenir sous la forme d'une ligne.
(alors, là, coupure dans les explications) Deux africains se seraient saisis de tréteaux qui servent aux tables. L'un d'eux l'auraient levé pour taper une humanitaire. 6 afghans l'auraient maintenu.
Jean Claude Lenoir aurait secoué la personne et Jean-Pierre Leclerc aurait levé le poing contre une autre personne je suppose.

La fille de Salam nous a parlé ensuite de l'homme saoûl et de l'arrivée des pompiers. (En décrivant le peu de ce que je connaissais être la victime salam, on m'a cité une des personnes mais c'est encore à enquêter pour être sûre)

Quatrième épisode: déni et arrestation des punis de bouffe


Je quitte l'appartement en demandant à C d'aller enquêter au terrain du repas, voir si les africains sont présents par exemple. NN me jette un long regard de haine auquel je réponds tout haut: "hé oui, j'aime pas les racistes"

De retour chez moi, je tombe sur un drôle de message provenant de MT qui m'annonce que tout le local me demande de vérifier mes informations. Je venais de les quitter et voilà que déjà ils avaient des informations différentes de celles que tout le monde avait entendues.
Diji était comme par hasard venu juste après mon départ. Il pétait les plombs. On se demande comment? Avait-il été envoyé par Vincent Lenoir qui niait farouchement un incident?
Ou plutôt, NN, dans sa grande bonté d'âme envers Salam, lui avait demandé de venir défaire le témoignage des filles? Je pencherai plutôt pour la seconde réponse.
Diji prit l'appareil pour me le claquer deux minutes plus tard, refusant d'entendre mes preuves.

pour zetkin blogJe décide d'aller revoir les soudanais. Malheureusement, je devais aussi contacter un service public avec un gosse à côté de moi. Je me rends donc au squat avec le jeune.
Plusieurs informations me sont alors données:
- libération du demandeur d'asile, une heure après son arrivée à la PAF. Pas de question sur la bagarre du repas. Non participation du demandeur au repas du mardi soir.
- deux ne sont pas encore sortis
- les soudanais ne sont pas allés au déjeuner

Durant ce temps Diji se rend au squat. Il en part rapidement sans poser le pied.

Je quitte le squat. A l'entrée du parking, horreur, je vois arriver plusieurs cars de CRS menés par une voiture de police! J'avertis immédiatement le local et décide de retourner voir ce qui allait se passer malgré la présence du garçon près de moi. J'assiste au débarquement et joins MT qui m'assure de son retour à Calais.

Je pars effectuer ma promesse de téléphoner au service en compagnie du garçon.

J. me demande de venir. Mais les flics ont déjà retiré une partie de leur troupe côté parking pour les porter côté rue.

On s'y rend mais pas vraiment pour s'opposer. je ne peux bien entendu pas m'empêcher de dire ce que je pense de Sarkozy et de la bonne année.  Mais bon, aucun policier ne répond. Ces messieurs obéissent aux ordres. Qu'ils soient mauvais pour les droits humains, ils s'en moquent totalement. Les plus retors justifieront leurs actes en tenant le discours des racistes.

Résultat: tous les soudanais sans papier ont été arrêtés.

Etrange que cette grosse rafle ait touché essentiellement les soudanais. Les érythréens ont remarqué très vite cette préférence de nationalité.


Cinquième épisode: pas de libération des deux gardés à vue


Jeudi, vers 16h, je retourne au squat. On m'apprend très vite que tous les soudanais auraient été libérés. Le demandeur d'asile me dit que les deux interpellés ne sont pas encore revenus de la PAF. J'interroge alors ses voisins en leur demandant s'ils étaient à l'origine de la bagarre du mardi soir. J'ai cru comprendre que oui. Un soudanais et un érythréen. Plus tard, un réfugié frigorifié et fatigué me rappelle l'histoire du repas, me cite jp leclerc, s copyans, me parle de Diji, qui était bien selon lui. Il tient à me parler du racisme de salam. MT sort du squat. je lui communique les dernières infos. Le réfugié continue à nous parler de ce qui constitue selon lui du racisme.
A Noël, selon lui, seuls les afghans auraient été avertis d'une sorte de fête, que le local BCMO leur était soit disant fermé. On leur dit d'aller dans leur maison.
MT explique que les afghans sont très jeunes et turbulents, que parfois on évite de mettre en présence des gens qui vont se battre. L'homme se contente de répondre que lui, il y va pour dormir.pour moi

Il nous dira aussi qu'il trouvait étrange que la police vienne arrêter les soudanais alors qu'ils se préparaient ou allaient se préparer le repas.

Conclusion provisoire: Heureusement pour les chefs Salam, les réfugiés ne sont pas organisés.

Il reste que deux personnes sont à plus de 24h de garde à vue, ce qui est très mauvais signe et indique qu'il y a bien eu un lien entre la bagarre et l'interpellation du mardi soir.

Pour la rafle des soudanais, je me demande si je n'ai pas trop parlé et si la voiture de police aperçue menant les CRS, n'indique pas un nouveau lien entre la bagarre et les grévistes (volontaires ou par force) de la distribution alimentaire.

A présent et vue l'extrême vélocité de V Lenoir à intervenir en niant trop fortement, un incident entre les réfugiés et les bénévoles, je serai prête à penser qu'un dépôt de plainte ne vient pas d'une simple bénévole qui aurait agi seule, mais pourquoi pas de bénévoles préférant attendre le départ de tous les réfugiés du repas, pour faire appel à la police.

Pour l'instant aucune réponse sur les suites, uniquement le début d'une chasse. C'est que cela ne rigole pas à l'institution.


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