TIOXIDE: Le grand patron descend

Publié le par zetkin

Nord Littoral nous avertit que deux calamités s'abattent sur Tioxide: l'amiante et le dirigeant américain des lieux, ce dernier attendu jeudi 15 avril 2010.

 

Qu'en est-il de la situation des salariés de cette usine chimique? Selon la femme d'un non syndicaliste (et pour cause) mais attaché aux valeurs ouvrières qui font qu'on n'a pas besoin de se demander s'il faut oui ou non accepter de baisser son froc devant le patronat, les syndicats de la boîte en sont à marcher à plein tube avec les dirigeants de l'entreprise.

 

Le "tous ensemble" prôné par l'union des classes antagonistes qui a conduit au fascisme et à sa forme plus évoluée, le  nazisme.

 

Hors, ce sont justement les salariés qui ont refusé les compromissions autant qu'ils ont pu. Un accord de baisse des salaires en 2008, n'a bien entendu pas retenu les requins financiers préoccupés par leurs profits personnels: en 2009, l'usine avait été mise en balance avec celle d'Espagne.

 

Besson et Bouchart et Le Pen en avaient profité pour expliquer que tout cela était dû à la présence des réfugiés afghans dont la jungle se situait à deux pas et parfois à l'intérieur de l'entreprise.

 

«Nous ne laisserons pas cette situation se dégrader et vous ne serez pas obligés de fermer vos entreprises, la jungle n'existera bientôt plus (...) mais je ne peux pas vous dire avec quelles modalités et selon quel calendrier nous allons fermer la jungle», a déclaré Eric Besson. (réunion dans l'entreprise Tioxide)

 

"La maire UMP de Calais, Natacha Bouchart, s'est défendue de son côté d'avoir une attitude agressive ou raciste, mais qualifié la situation d'intenable. «Cela n'a rien à voir, depuis 4 ou 5 semaines, l'afflux de réfugiés a doublé et la situation économique de Calais ne nous permet pas de le supporter». Elle a souligné que sa ville comptait 14% de chômeurs et 6 000 Rmistes." (et aussi 1 abrutie)

 

Justifications amorcées et soutenues par Thierry Segard, UNSA, dont les articles ci-dessous ont été pompés sur le site "Miroir Social".

 

"Lors de la venue de Scott Anderson (N° 2 du groupe Tioxide) à Calais, la réponse a été suffisamment claire, si le site ne peut régler ses problèmes avec les intrusions de migrants, « cela peut constituer un élément remettant en cause la continuité de l’exploitation »."

 

Bon, à vrai dire, nous n'avons rien à attendre de ce syndicat qui n'entre pas dans la lutte de classes mais dans une étrange collaboration avec nos ennemis. Voir son article "Une envie de réussir ensemble".

 

L'Unsa veut faire croire que les salariés de Tioxide seront épargnés par des actionnaires reconnaissants pour tous les sacrifices qu'ils ont accepté. Il prête des sentiments humains à des animaux malfaisants.

 

Et tout ce cinéma pour quoi? pour ne pas avoir à diffuser la seule décision possible:

 

Détruire ce système économique qui a prouvé son incapacité à satisfaire les besoins de la population. Que l'on ne se demande plus si un patron a le droit de licencier ou de délocaliser. Que l'on base notre économie et toute l'organisation sur l'Humain. que la discussion sur le profit financier que l'on peut tirer des hommes ou de leurs besoins ne soit plus un sujet.

pages internet de Miroir social:

Tioxide Calais : signature d'un accord NAO pour 2010

févr 26 2010

 

Pour les uns, c'est un plus ; pour d'autres, c'est insuffisant. Quoi qu'il en soit, un accord au « forceps » a été obtenu et les salariés peuvent désormais se rendre compte que les revendications de l'Unsa étaient abordables.

Nous pensons que cet accord est honorable. Dans un contexte où notre société est toujours dans l'attente d'un devenir, il nous a paru opportun de faire un geste, comme la direction d'ailleurs, dont la marge de manoeuvre semblait limitée. Nous remercions M. Dimas, PDG de la société, pour sa participation active qui a permis d'éviter un conflit que personne ne souhaitait.

Chacun pourra se faire une opinion sur l'issue de ces négociations, certains doutaient ; d'autres nous faisaient confiance et c'est avec cette confiance que nous avons pu faire valoir au mieux l'attente des salariés.

Une revalorisation des primes d'astreintes a été intégrée à l'accord.

  • Une prime transport de 50 € sera versée au 1er mars.
  • Une augmentation de 37,50 € avec effet rétroactif depuis janvier est acquise.
  • Les primes de fin d’année, habillage, douches etc. sont revalorisées de 1,5 %.
  • La part employeur sur la mutuelle passe de 100 € à 107 €.

Tout ceci est le fruit de négociations difficiles mais productives. Les autres thèmes des NAO ont été mis de côté pour sortir de l'impasse et nos IRP auront encore du grain à moudre pour mettre en oeuvre notre conception de la justice sociale.

Nous souhaitons désormais que chacun donne le meilleur de lui-même afin que cette année décisive soit notre passeport pour l'avenir.

 

Tioxide Calais : respecter pour être respecté

mars 23 2010

 

Nous sommes attachés au respect des règles, et notamment du Code du Travail, par l'employeur, mais les salariés ont aussi des obligations, on ne peut pas demander à l'employeur de respecter la législation si nous-mêmes, nous nous permettons de ne respecter ni la loi, ni les dispositions de notre contrat de travail, celui-ci étant synallagmatique, c'est-à-dire par lequel les deux contractants, employeur et salarié, s'obligent réciproquement l'un envers l'autre.

Plusieurs remarques de notre PDG concernant l'absence au poste de travail de certains salariés au moment des relèves m'amène à rappeler que l'employeur pourrait considérer à juste titre qu'il s'agit d'un abandon de poste qui, dois-je le rappeler, est une cause réelle et sérieuse de licenciement.

Par ailleurs, ce licenciement peut être qualifié de « faute grave » et, dans ce cas, le salarié perd son droit aux indemnités de licenciement ainsi que l’indemnité de préavis.

J'espère que ces éclaircissements donneront matière à réflexion et que le respect des règles nous donneront désormais encore plus de crédibilité.

 

Tioxide calais : une envie de réussir ensemble

mars 29 2010

 

Lettre ouverte à Peter Huntsman, CEO du groupe Huntsman, dont Tioxyde est une filiale.

Notre rôle de représentants du personnel et de contribuer au progrès économique et social de l’entreprise. Ce texte a pour objectif de montrer l’importance du dialogue et de l’écoute dans nos efforts actuels de redressement de Tioxide Calais.  

Respecter les règles

La charte Huntsman stipule que la société s'engage à respecter les lois et règlements en vigueur dans les différents pays, et nous pensons que ces intentions sont sincères. Les lois françaises doivent donc être respectées par ceux qui représentent le groupe.

Même si la gestion de l'entreprise est sous l'entière responsabilité du chef d'entreprise, le comité d'entreprise a un droit de regard sur cette gestion et peut influer sur les décisions concernant les salariés.

  • Dans les domaines de compétences du comité d'entreprise, le chef d'entreprise est tenu de le consulter avant de prendre toute décision, même si le comité d'entreprise rend des avis et des voeux qui ne s'imposent pas à l'employeur.
  • Le dialogue social dépend aussi d'un comité d'entreprise vigilant et actif puisqu'il bénéficie d'un droit d'initiative et de proposition.
  • Le Code du Travail donne au comité d'entreprise une compétence de principe sur les questions économiques et lui permet d'intervenir sur l'ensemble des autres questions, les domaines dans lesquels le comité d'entreprise est consulté sont très larges et variés.

Nos interventions sont constructives. Elles ont pour but d’améliorer la conduite de l’entreprise, dans l’intérêt de tous : des salariés aux actionnaires. Écouter l’avis des salariés est aussi un moyen d’améliorer la compétitivité d’une entreprise.  

Notre passé : des représentants du personnel peu respectés

Malgré de nombreuses mises en garde, la direction de Calais a fait la sourde oreille et nous ne pouvions tolérer de tels agissements. À de trop nombreuses reprises, les droits d’information et de consultation du comité d’entreprise n’ont pas été respectés. C'est pourquoi le comité a décidé de réagir en juin 2009 pour faire cesser cette attitude de transgression régulière des règles en vigueur.

Aujourd'hui, cette plainte est présentée aux salariés comme mettant en péril la confiance que vous nous accordez, et fait peser sur nos épaules la responsabilité d'une éventuelle fermeture du site. Ceci est tout simplement inacceptable et dénué de tout sens moral.

Notre objectif est seulement de rappeler à tous que les représentants du personnel doivent être écoutés et parfois même entendus ! 

Respecter tous les partenaires

Dans la situation de notre entreprise, il ne faut négliger aucune aide. Nous, représentants du personnel, intervenons régulièrement auprès des collectivités locales. Il faut garder en tête que ce sont justement ces politiques qui peuvent nous accorder des aides dans nos futurs projets. Pour mémoire, en début 2009, lorsque notre direction nous avait annoncé la probable fermeture du site, j'étais personnellement allé voir les personnalités politiques de la région. Elles étaient disposées à nous accompagner dans le « projet engrais » mais n'ont reçu qu'une fin de non recevoir de la part de nos dirigeants, c'est vraiment dommage.

Aujourd’hui encore, nous avons besoin que toutes les parties de l’entreprise s’investissent auprès des collectivités locales afin de tirer le meilleur parti des possibilités existantes.  

Le savoir des salariés est la base de la compétitivité

Nous avons fait face depuis de nombreuses années à des plans de restructurations qui étaient certes nécessaires mais qui ont aussi fait beaucoup de mal à notre entreprise. Des salariés sont partis avec leur savoir, beaucoup d'autres ont changé de postes, les méthodes de travail ont changées. Nous constatons souvent aujourd’hui que les effectifs ne sont plus en adéquation avec les besoins.

Nos dirigeants ont été contraints de faire des coupes dans les réparations de matériels et aujourd'hui, cela se ressent. Nous constatons qu'il est de plus en plus difficile de faire notre travail dans des conditions normales. L’implication du personnel est d'autant plus nécessaire qu’il est plus difficile de produire avec des installations qui ne sont pas toujours en état. Cependant, la volonté est là et même si des désaccords sur les salaires subsistent, les gens sont motivés et font leur travail avec un seul but : garder leur emploi en pérennisant le site. Les salariés veulent améliorer la qualité et la compétitivité ; c’est pour cela que les représentants du personnel participent, s’investissent et proposent. 

Les salariés ont déjà consenti à beaucoup d’efforts

Par le passé, le personnel a déjà accepté le gel des salaires et des bonus. Notre intéressement 2008 a été versé en deux fois en dépit d'un accord écrit qui le prévoyait en un seul versement. Nous avons : accepté des congés imposés, produit et amélioré le Deltio dans des conditions épouvantables, accepté l'annulation à la dernière minute des congés d'été pour redémarrer plus tôt en juillet, redémarré l'usine en un temps record, subi les intempéries…

Il ne faut pas oublier que, grâce à tous ces efforts, les coûts à la tonne des mois de mai septembre, octobre et novembre sont descendus sous la barre des XXXX €/tonne (info confidentielle).

Des moyens pour produire mieux

Des éléments indépendants de la motivation du personnel sont à notre sens responsables de certaines défaillances. Le manque de pouvoir de décision des gens de terrain est pénalisant. Ce sont pourtant eux qui ont la vision la plus claire des efforts de maintenance ou investissements nécessaires. Il ne faut pas se focaliser uniquement sur le respect d'un budget maintenance mais au contraire intégrer toutes les composantes afin d'influer sur le gain global. Une réparation même si elle est jugée coûteuse peut générer des gains en énergie ou en productivité, et au final s'avérer rentable.

Que dire également du parc minerai non couvert à Calais alors qu'il l'est en Espagne et en Italie ? Notre climat est pourtant moins clément. Lors des épisodes pluvieux de décembre, nos collègues ont eu à déboucher les broyeurs en permanence pour produire avec un minerai humide. Dans le même temps, un bateau de slag était attendu mais n'arrivait pas. Tout cela nous a fait perdre beaucoup de production. Nous ne comprenons pas que l'on puisse comparer une usine avec une autre, si elles n'ont pas exactement les mêmes procédés. 

Réussir ensemble

Nous sommes conscients que les solutions ne viendront que d’un projet commun que tout le monde comprend et auquel on ne peut qu'adhérer. Les salariés et leurs représentants souhaitent en effet que des solutions soient apportées pour pérenniser ce site auquel ils ont beaucoup donné.

Pour terminer j'aimerais vous dire combien John Dimas, notre nouveau président est apprécié à Calais, la tâche est difficile mais il ne compte pas ses heures pour nous aider chaque jour à progresser.  

Le potentiel est là, la motivation aussi, nous avons l'envie de réussir ensemble.

 

Ajout du 16 avril 2010: pas de nouvelle à la radio sur cette descente.

à suivre donc.

 

Ajout du 19 avril 2010: le grand patron ne serait pas descendu. La cause en serait le nuage issu du volcan. Par ailleurs, il y aurait eu manipulation de l'information: "quelqu'un" aurait joint le PDG Huntsman. La direction et les syndicats indiquent ne pas avoir demandé sa visite!

 

Ajout du 20 avril 2010: Article de l'UNSA  Tioxide Calais: Peter Huntsman pose un lapin...rue des Garennes

 

Nord Littoral semble avoir encore joué un rôle dans la diffusion de la peur. Le journal paraît être en contact avec un élément qui engendrerait lui-même les visites surprises.

 

Comme je ne souhaite pas participer à la curée ni à l'exacerbation de la crainte des salariés de Tioxide où je ne travaille pas, je me contenterais désormais de récupérer des infos tirées de gens de la boîte qui dès le départ ont mis en doute les articles du journal local.

 



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zetkin 14/05/2010 00:47


je suis quelqu'un qui ne veut pas voir nos outils de production se faire démolir et qui ne souhaite pas la disparition des emplois sur Calais.


Segard Thierry 21/04/2010 14:03


qui êtes vous ?
moi, je ne me retranche pas derrière un pseudo, je signe mes articles. Alors, merci pour les leçons de courage mais on arrivera à s'en passer, nous agissons pour défendre les salariés, pas pour
détruire l'entreprise qui fait vivre de très nombreuses familles !