Transformer l'humanitaire en politique, est-ce possible?

Publié le par zetkin

La conscience politique peut-elle émerger de sentiments humanitaires?

Le malheur n'est ni naturel, ni commandité par Dieu

Jésus, premier activiste: suivre son exemple

Chassant les capitalistes du temple et s'opposant aux envahisseurs romains ainsi qu'à leurs collaborateurs, premier communiste à partager et à se battre contre les discriminations.

Aide-toi et le ciel t'aidera

Cette maxime aurait du être complétée par les possibilités de moyen de s'aider soi-même.

Il est de fait que seul, il est impossible de s'aider.

Les politiques: des humanitaires au mieux, des racistes au pire

Le grand recul de nos droits

Tout le monde politique n'a de cesse de discuter sur le misérable sort imposé par la France aux réfugiés. Il semblerait que des élus UMP se prêtent également à ce jeu.

Mais quoi d'étonnant? Sarkozy est beaucoup plus logique poltiquement que tous les "opposants" à sa politique. Il ne voit dans les étrangers qu'une manne d'exploitables pour le patronat qu'il représente.

Il ne veut pas d'ayant-droits, style réfugiés. Il déteste les droits humains qui recouvrent en grande partie les droits des salariés.

Donc, il ne fait qu'appliquer sa politique capitaliste en nous réprimant de manière très violente et en nous transformant le pays en un pays dégoûtant de haine et de mépris. (je comprends comme tous ceux qui sont actifs sur Calais, les termes employés par la gagnante du prix Goncourt, elle-même lutteuse)

Pas de lutte, pas de droits: ne resterait plus qu'à pleunicher ensemble sur les conséquences?

Tout est organisé et planifié avec l'Etat Sarkozy. Il nous reste à deviner vers quoi il nous mène sans risquer d'outrager sa petite présidence.

Bout par bout, le pouvoir arrache la peau de Marianne comptant sur cette masse informe de français muets, sous-politisés, incultes historiques, pour détruire complètement les droits de tous.

Oui et alors?

Tous les partis de gauche (entendu les gros partis de gauche) nous sortent des discours qu'un simple humanitaire calaisien peut nous servir tandis qu'il distribue les repas.

On sait que c'est un problème européen, on sait que les pays sont en guerre. Par contre, pour ma part, je ne savais pas que l'on se devait de maîtriser des "flux migratoires", tout en continuant d'intervenir militairement dans les pays d'où les gens se sauvent. ou économiquement... jusqu'à rendre pauvres des pays riches en pétrôle...

Qu'est-ce qui est difficile à enclancher dans la population française?

Sans vue politique à longs termes, pas d'opposition possible à la haine


Durant combien de temps, croit-on que les gens éprouveront de la charité?

Est-ce que ce sentiment humain qui fait que l'on aide les gens en difficulté parce que nous nous sentons "obligés" moralement de ne pas laisser crever de faim et de froid d'autres que nous-mêmes, plus malheureux, est un sentiment qui conduira les gens à vouloir résoudre le problème.

Il existe une part non négligeable de gens qui pensent que ce n'est pas possible de vivre dans notre pays. Les plus gentils d'entre eux prétendent le chômage, le manque d'aides sociales.

Dans l'autre part des français, il y a un pourcentage important qui pense aussi au chômage mais qui, par charité, accepte de laisser vivre des étrangers sur notre sol.

Enfin dans le pourcentage restant, on trouve naturel la liberté de circulation et d'installation.
 "On laisse bien circuler les biens, pourquoi pas les personnes?" m'avait dit un représentant syndical CGT.
Mais cela l'a-t-il engagé dans la lutte? Non.


En face: le pouvoir politique inverse la logique

On impose une solution qui serait unique


Depuis mon entrée sur le terrain des réfugiés et à la lecture des différentes déclarations sous-préfectorales, je me suis rendue compte que le sous-préfet exposait les solutions au problème que vivait Calais.

Hors, je ne me souvenais pas qu'on nous ait jamais demandé de réfléchir sur le problème.

Donc, pourquoi je devais accepter les solutions par la police aussi bien pour la destruction des squats que de l'arrestation des réfugiés ou bien encore de la grande joie que l'on devrait éprouver à savoir qu'un réseau de passeurs avait été démonté.

Je lisais les droits des réfugiés et la célèbre convention de genève que ne devait pas avoir lue le sous-préfet Espagnol.

Enoncer le problème est un acte hautement politique

Multiplicité des solutions pour une même fin



Sans discussion sur le problème, comme si nous étions tous d'accord sur la définition de ce dernier, les solutions du pouvoir étant toujours les mêmes: répression, destruction, expulsion, les "forces" humanitaires ont réclamé de la dignité et des aménagements matériels qui lui correspondent.

Salam, par l'intermédiaire de son groupe de 4 chefs, ont proposé une sorte de crédit formation qui assurerait un retour moins dramatique dans le pays d'origine.
"reconstruire le pays" avait justifié en 2008, l'un d'eux.

Toujours dans la même veine, il y a eu propagande médiatique pour aller directement dans ces pays d'origine, les aider à reconstruire une économie qui ne serait pas assez développée, je suppose, et qui produirait des tas de pauvres, censés vouloir ensuite nous visiter pour voler notre boulot.

Je suppose aussi que nous devrions nous transformer en Che Guevara et partir armés, en pensant que nous aurions à affronter parfois les troupes de notre chère Patrie, dissimulées dans les jungles africaines.

Leur problème: la présence de clandestins


La maire actuelle joue sur la gène et la propreté que représente cette présence.
La sous-préfecture joue sur le même registre et sur le registre des méchants passeurs, forçant les propriétaires à déposer plainte contre les réfugiés squatteurs.
Ces deux composantes pianotent aussi sur le clavier des bons sentiments. Ils savent que tout Calais n'est pas pourri par des indics racistes et de vieilles incultes.

Les humanitaires travaillent dans le sens contraire: montrer que les réfugiés ne sont ni sales, ni dangereux et qu'on leur impose une situation.
Ils utilisent le fait que le gouvernement ne pourra pas fermer les frontières complètement, pour justifier le fait que cela ne sert à rien de leur imposer cette situation.

Mais aucune prise de position sur les finalités de l'entreprise. Aucune condamnation de la fermeture des frontières.
Il n'y a pas de prise de position publique.

Les différents démêlés que nous avons eu avec les humanitaires au moment du camp No Border et après, démontrent que le travail humanitaire peut être mené avec l'idée que tout le monde pourrait être expulsé, sans problème, si le gouvernement se comporte de manière digne.

Idem pour la destruction de la jungle en septembre et pour le rapport de la CFDA: on en reste qu'aux constatations. "Cela ne sert rien, ils reviendront, les réfugiés se disperseront..."

Et alors? Alors, on en est à une situation étrange et déprimante.

Est-ce que les représentants politiques ont sorti quelque chose de politique à ce sujet? Non, ils ont exprimé leurs sentiments humanitaires.

La seule oeuvre politique réalisée à la destruction de la jungle, fut celle du pouvoir qui a agi sans le savoir contre lui. Les images diffusées ont secoué tout Calais.
Le pouvoir a fait une grave erreur en basant uniquement ses procédures sur les informations transmises par l'abrutie raciste.

(Il n'y a qu'à comptabiliser le nombre d'entrées pour le film Welcome)

Le problème: la fermeture des Frontières

Arrivée des No Border


Nous savons, nous, les quelques militants, comment tout cela a commencé par une réunion à Calais.

Certains militants n'ignorent pas ce que nous avons du affronter quand nous pensions que donner à manger à des sans papier supposait que l'on était d'accord avec la liberté de circulation et son pendant la liberté d'installation. En clair, avec l'ouverture des Frontières.

Les évidences logiques n'ont pas paru se vérifier, en fait. Mais quoi d'étonnant pour moi qui avait suivi les actes humanitaires?

Je trouve plus étonnant que l'on ait envie encore de se joindre aux humanitaires ou les remplacer ou les compléter.

L'humanitaire de lutte


On peut photographier les policiers en observant leurs illégalités, tout en voulant l'expulsion des réfugiés. Mais attention en respectant le Droit.

On peut donner à manger aux réfugiés tout en voulant leur disparition du sol calaisien, surtout s'ils sont nombreux. Et dans ce cas-là, il y a appel direct et médiatique des humanitaires pour que "chacun prenne ses responsabilités". Le chacun étant censé être ou le préfet ou le chef de la PAF.

Le droit à passer une frontière varierait en fonction des irrégularités de la police et du nombre de présents.

Que fait donc Besson et son équipe de fascistes rampants? Ils appliquent le droit tout en sapant tout ce qui permet d'en surveiller le respect.

Par principe, nous devrions poser nos revendications avant d'héberger ou donner des couvertures.

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