23 mars: un mardi plein de surprises

 
hier, à 7h, j'ai entendu parler à la radio d'une rencontre franco britannique.
comme d'habitude, je n'ai pas eu le temps de m'approcher du poste. je n'ai pas su la suite.
je suis allée ensuite à la manif.
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C'est vers la fin que j'ai entendu des syndiqués parler de besson. j'ai appris alors que cette carpette visqueuse était à calais, au port.
je n'ai pas quitté la manif immédiatement. il était près de 10h30.
je n'ai pas non plus eu envie d'aller donner l'info à rosa qui se trouvait quelque part dans la manif ou en était partie. histoire de ne pas perdre de temps.
vlcsnap-2010-03-23-21h05m15s248.pngje n'avais pas d'unités sur mon portable non plus.
 
donc, dès qu'on fut revenu au point de départ de la manif, j'ai continué jusqu'au port.
près du lieu de distribution, il y avait une voiture banalisée contenant deux PAF en surveillance. les réfugiés jouaient au ballon sur la "pelouse" en attendant le repas. d'autres étaient allongés sur l'herbe.
 
sur la route qui conduit au parking du car ferry, je reconnais une "bénévole" côté csur qui marchait sur le trottoir. et en même temps, je vois plus loin, la cime de cars de CRS.

nana, sans cesser ses pas rapides, m'a crié à travers la route qui nous séparait, que notre BP avait été arrêtée. et a ajouté: "moi, je me suis tirée pour qu'ils ne m'attrapent pas comme les autres."

j'ai essayé de savoir dans quelle partie du port était le ministre. Elle m'a indiqué d'un geste très vague l'ensemble du parking du car ferry. et en ce qui concerne les attrapés, elle m'a montré les CRS.
 crs n°3
donc, quand je suis arrivée au premier rond point, il y avait à gauche dans le renfoncement, 8 véhicules CRS, une voiture banalisée, et à droite, des ouvriers qui nettoyaient les abords du parking, et aussi une voiture banalisée. quand j'ai demandé des renseignements aux ouvriers, aussitôt je me suis fait contrôler. mais bon, ils ne m'ont pas arrêtée. ils ne me jugent plus dangereuse. (il faut dire que seule et sans mégaphone...)

j'ai appris par l'un des ouvriers qu'eux étaient au courant depuis hier de la venue de besson, qu'une vingtaine de retraités manifestants avaient tenté de bloquer l'entrée du parking mais avaient été repoussés par la police et ils m'ont indiqué où se tenait la fête avec besson.
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je ne savais plus quoi faire, en imaginant que si d'autres avaient été arrêtés, je ne savais pas où exactement et que le même sort m'attendait si je prenais le passage piéton qui menait au car ferry.
je décide d'aller voir si notre BP était enfermée dans les cars de CRS.
 
je traverse le rond point et demande où étaient mes camarades. bien sûr, personne ne me répond. c'était lheure de la bouffe pour les petits CRS.

je vois un grillage complètement démoli et m'apprête à le photographier quand j'entends un crs dire "morue".
je photographie le grillage en me reprochant de ne pas avoir réalisé une vidéo, ce qui m'aurait permis d'enregistrer l'insulte. et hop, un CD pour le Procureur de la République.

j'essaie de provoquer le courage de l'insulteur en demandant de répéter. ce qui fait fermer les store et vitre du car incriminé.
puis je vais droit sur la voiture banalisée contenant la PAF en leur indiquant que des policiers m'avaient insultée et qu'ils devaient les indiquer un peu mieux.
 
deux minutes après avoir parlé, tous les CRS sont descendus de leurs cars et semblent écouter leur chef.
ça m'a semblé tellement comique que je me suis approchée à nouveau, en restant sagement sur le rond point tout de même.
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j'ai crié dans une sorte de silence: "le monde de sarkozy, tout en bleu!" et aussi "Evitez d'insulter des françaises!"
hop, qui vois-je descendre tandis que je fais demi-tour, me contraignant à un allumage de mon appareil? Les deux types de la PAF.
mais ceux-ci ont abandonné comme ils voyaient que je pliais bagage.
 
je suis restée ensuite avec les ouvriers qui devaient prendre leur pause déjeuner et qui pariaient sur l'endroit d'où sortiraient besson et sa clique.ils savaient qu'ensuite, ils devaient aller en sous-préfecture.

DSCF2512en fait, je me demandais à quoi cela servait d'attendre ici et au moment où je songeais qu'il était préférable pour moi d'être à la sous-préfecture, l'un(e) des ouvrier(e)s me crie de regarder le parking.
peu de temps après, une partie des motards de la gendarmerie est passée devant mon nez escortant une voiture de gendarmerie.
le reste a du passer de l'autre côté où je n'étais pas.
 
je me dépêche de me rendre à la sous-préfecture. les réfugiés afghans étaient encore en attente de la bouffe. les PAF aussi.
à la sous-préfecture rien n'indiquait la présence d'un ministre.
à la mairie non plus.
 
en clair, j'ai tout raté. et comme la BP ne me contactera pas, je ne sais pas qui a été arrêté avec elle.
je sais seulement que DFN n'était pas au courant de la visite de besson et n'avait pas été arrêté. je suppose qu'aucun no border n'a subi d'arrestation non plus.
alors, sans doute que soit BP était seule, soit ce sont des bénévoles salam qui ont été pris avec elle.

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Après avoir reçu d'autres informations, ce ne serait pas des manifestants retraités gardés à l'entrée du parking, mais des Csur qui auraient tenté d'égayer la venue de Besson par des banderoles et des pancartes. D'où leur éjection par la police.

Les policiers étaient en rang d'oignon pour une bonne raison qui n'étaient pas de se faire sermoner pour une insulte. Selon moi, et d'après l'écoute des informations TV, il s'agissait d'une minute de silence pour le policier de 52 ans, tué "dans l'exercice de ses fonctions".

Comme diraient plusieurs personnes différentes de mon "entourage", ce sont les risques du métier.
Effectivement, quand tu es flic, tu portes une arme, tu tires parfois et tu tues aussi des gens et quelques fois des gens qui n'ont rien fait.
En plus, tu as une prime parce que cela peut être dangereux.

et bien voilà, c'est dangereux de contrôler sans arrêt les personnes. avant c'était aussi dangereux. on n'en faisait pas tout un plat médiatique.

Ils deviennent drôles et limite incontrôlables, ces policiers qui se croient tout permis.

C'est bien la première fois que je vois des gens ordinaires tenir à venir me parler de ce risque du métier de policier non assumé par les policiers actuels. Ils devraient faire attention les flics à cette évolution des mentalités.