Etude de cas: le cas René Martin

1er juin 2005, Calais

 

Contexte politique: Référendum sur la constitution européenne.


 

Contexte policier: Rafle au squat Socarénam le 25 mai 2005, humiliations policières des réfugiés, destruction des abris, destruction des sacs à dos.

 

Contexte répressif : Garde à vue, le 25 mai 2005, pour outrages: "nazi, facho". Sur commande du sous-préfet Espagnol. Garde à vue réalisée par Grégory Flahou.



Le 27 mai 2005, tentative de vol et agression par Hervé Flavier, policier travaillant pour la PAF, les CRS et la BAC (dixit son avocate). Le procureur Gérard Lesigne oublie d'agir durant un an. Simple leçon de morale au tribunal. Hervé Flavier, poursuivi auparavant pour violence envers sa compagne, a dans ses connaissances le concierge et chauffeur du sous-préfet.

 


Le 31 mai 2005, Interpellation pour photographie du car de CRS face à la gare de Calais ville par René Martin. L'OPJ me fait relâcher.

 

Deuxième garde à vue du 1er juin

 

Surveillance des lieux dès 7h du matin.

Arrivée des policiers: lors du contrôle des papiers des réfugiés, première prise de parole sur le bienfait d'une présence militante.

 

René Martin me demande d'arrêter de photographier sous peine d'être accusée d'outrages.
René m'explique quel outrage j'ai réalisé: "parler des collègues en disant qu'ils tapent c'est comme si vous parliez de moi". En fait un outrage par procuration.
René Martin reconnaît le harcèlement qu'il provoque en arrêtant sans arrêt les mêmes réfugiés politiques.
René Martin décide de m'arrêter. Je recule en tentant de savoir pourquoi.
Intervention de deux collègues policiers qui essaieront de l'empêcher de m'appréhender. Mais la discussion dérape sur la citation des grands organismes de défense des droits humains. Là René Martin m'arrête physiquement.

Motif donné par René Martin. et écrit sur la convocation au tribunal:

rene-copie-1.jpg

Point de vue "citoyen":

Nous n'avons pas à respecter la police mais à respecter les lois. La police n'a pas une mission de servir un groupe politique mais de servir le public comme tout fonctionnaire.

Point de vue militant:

Prévenir les interventions policières en se postant au bon endroit et au bon moment est un acte politique que certains adversaires qualifient d'extrême-gauche. Prévoir les réactions est une procédure également utilisée par le gouvernement et sa police. Et dans ce cadre, si nous sommes l'extrême-gauche, eux sont logiquement l'extrême-droite.
il n'y a pas lieu de pleurer sur les méchants policiers irrespectueux. La police comme l'armée sont les armes de la répression de l'opposition au capitalisme.
La répression est calculée par nos grands manipulateurs.
Il leur faut de bons soldats avides d'argent qui ne réfléchissent pas aux missions qu'on leur confie et des militants d'extrême-droite qui organisent et propagent la haine.